Le viol utilisé comme arme de guerre en RDC : le BCNUDH recense 1 534 victimes en 2025

Rebelles du M23. Photo d'illustration. Crédit tiers.

Kinshasa, 8 mars 2026 – Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) tire la sonnette d’alarme sur l’ampleur des violences sexuelles liées au conflit en République démocratique du Congo. Dans son communiqué du 8 mars 2026, il dénonce l’utilisation systématique du viol comme arme de guerre et souligne les crimes graves dont sont victimes les femmes et les enfants.

Au total, 1 534 victimes ont été recensées en 2025, principalement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, devenues l’épicentre de cette tragédie et qui concentrent à elles seules près de 80 % des cas. Certains acteurs ont même, il y a quelques années, qualifié Bukavu de « Capitale mondiale de viol » vu l’ampleur de cas.

Le rapport décrit des crimes atroces, notamment l’esclavage sexuel imposé à des femmes et des filles par des groupes armés, ainsi que la naissance d’enfants issus de viols, confrontés au rejet familial, à l’absence d’état civil et au risque de recrutement par les groupes armés.

Ces chiffres et la pratique utilisée rappellent l’utilisation systématique de la violence sexuelle comme arme de guerre dans l’est du pays, une pratique longtemps dénoncée par Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018, et par de nombreuses organisations de défense des droits humains.

Le rapport renseigne que les auteurs sont principalement des groupes armés, responsables de 75 % des cas. Le M23 (qui occupe une bonne partie du Nord-Kivu et du Sud-Kivu) arrive en tête avec 439 victimes, suivi de CODECO, Wazalendo, divers Maï-Maï, FDLR et ADF. Le BCNUDH note également l’implication d’acteurs étatiques dont l’armée (FARDC), la Police (PNC) et les renseignements (ANR) dans 19 % des cas documentés.

Le BCNUDH appelle les autorités nationales à accélérer les poursuites judiciaires et à garantir l’enregistrement systématique des enfants nés du viol, les groupes armés à cesser immédiatement les hostilités et à libérer toutes les femmes et filles maintenues en captivité, et la communauté internationale à renforcer son soutien financier afin d’assurer une prise en charge complète et durable des survivantes.

Jonathan M

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