Bunia : Trois ans de prison requis contre 3 militants de la LUCHA pour avoir réclamé l’accès à l’eau potable
Bunia, 22 avril 2026 _ Le tribunal militaire de Bunia doit rendre ce jeudi 23 avril 2026 son verdict dans le procès de trois militants du mouvement citoyen Lucha (Lutte pour le Changement), arrêtés le 12 mars dernier après avoir organisé une manifestation pacifique pour réclamer l’accès à l’eau potable dans la ville de Bunia.
Trois jours avant leur arrestation, les militants Sefu Anjisina Abdul Olivier, Kambale Odo Jackson et Paluku Kamate Joachim avaient notifié aux autorités locales leur intention de marcher conformément à la Constitution. Mais leur action a été réprimée par la police sur ordre du maire de Bunia. Après une nuit passée dans des conditions humiliantes, ils ont été transférés à l’auditorat militaire puis incarcérés à la prison centrale, où ils sont détenus depuis plus de quarante jours.
A l’audience précédente, le ministère public a requis contre eux trois ans de prison ferme et une amende de cinq millions de francs congolais, les accusant d’« atteinte à la sûreté de l’État ». Cette réquisition est jugée disproportionnée par les organisations de défense des droits humains, qui rappellent que la revendication portait sur un droit fondamental : l’accès à l’eau.
Ce procès s’inscrit dans un contexte marqué par l’état de siège instauré en Ituri et au Nord-Kivu depuis mai 2021, qui a transféré les pouvoirs civils aux autorités militaires et restreint fortement les libertés publiques. Les civils sont régulièrement jugés par des juridictions militaires, en contradiction avec les normes internationales. Human Rights Watch et plusieurs organisations locales dénoncent une tendance inquiétante à la criminalisation des actions citoyennes pacifiques et à la fermeture de l’espace civique en RDC.
Le verdict attendu sera révélateur. Soit il confirme la volonté des autorités congolaises de consolider une politique répressive, soit il marque un pas vers le respect des droits fondamentaux et la réouverture de l’espace civique. Dans tous les cas, cette audience est perçue comme un test crucial pour l’avenir de la société civile congolaise et pour la crédibilité des institutions judiciaires du pays, un résultat qui sera scruté de près par les organisations nationales et internationales.
La rédaction

