RDC : Quant Mukwege tacle Lukwebo et Kamerhe
« Chers Honorables, auriez-vous perdu la boussole des ancêtres ? »
Par cette interpellation directe et sans détour, une allocution virulente du Dr. Denis Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2018, fustige la classe politique congolaise. Le ton est solennel : elle dénonce une perte de repères, un affaiblissement de la dignité et un vent d’instabilité au sommet des institutions de la République démocratique du Congo (RDC).
Les élus y sont accusés de trahir la confiance du peuple et l’héritage moral des ancêtres. « Mourir débout pour éviter de pourrir », rappelle Denis Mukwege, soulignant le courage et la fermeté attendus dans l’exercice des responsabilités publiques, dans un contexte de tensions politiques croissantes.
Cette sortie survient après les démissions de Vital Kamerhe et de Bahati Lukwebo, qui ravivent les inquiétudes sur la solidité des institutions et l’état de la démocratie. Si la démission est un mécanisme normal, le contexte révèle un malaise profond, notamment autour d’un projet présumé de révision constitutionnelle.
Salués pour leur opposition jugée « courageuse », ces responsables sont toutefois critiqués pour avoir ensuite imploré la clémence du pouvoir, une posture jugée contraire à la dignité revendiquée. Selon le docteur Denis Mukwege, ce manque de fermeté illustre une atteinte à la dignité attendue des représentants du peuple.
Ces événements mettent en lumière « l’inversion des rôles institutionnels » : au lieu de contrôler l’exécutif, des parlementaires paraissent influencés, voire sanctionnés par celui-ci à travers des alliances politiques, fragilisant l’équilibre des pouvoirs.
Au-delà des individus, toute la classe politique est interpellée. Certains élus partagent ces convictions mais restent silencieux, par crainte de représailles ou de perdre leurs privilèges. La référence à Patrice Lumumba renforce cet appel à l’honneur, à l’intégrité et à l’exemplarité, dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes.
Qu’est-ce qui se passe au sommet des institutions en République Démocratique du Congo (RDC) ?
— Denis Mukwege (@DenisMukwege) March 23, 2026
Après la démission de Vital Kamerhe, c’est le tour de Bahati Lukwebo de démissionner. Une démission peut, somme toute, arriver dans une démocratie. Elle peut même être, dans certains… pic.twitter.com/qyBydvOImw
Face à cette crise, Denis Mukwege exhorte le président à faire preuve de discernement et à se détacher des influences opportunistes. Dans un ton critique et mobilisateur, il invite enfin les dirigeants à se reconnecter à l’essentiel : l’intérêt supérieur de la nation et la volonté du peuple. Ces démissions pourraient marquer un tournant entre ouverture d’un débat démocratique plus transparent et risque d’accentuation des tensions au sommet de l’État.
Par Jules KABIKA

