lundi, février 23, 2026
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RDC : Qui pour représenter la société civile du Sud-Kivu au dialogue ?

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Les acteurs de la société civile du Sud-Kivu, vivant actuelles dans les zones sous occupations, se disent être favorable au dialogue en vue en RDC. Pour eux tout dialogue doit s’attaquer de front aux racines du conflit et être mené par des délégués irréprochables. Ils l’ont fait savoir lors d’un table ronde organisé sous l’égide de l’Initiative de l’Initiative Congolaise pour la Justice et la Paix, ICJP, le mercredi 19 février à Bukavu.

« La Société Civile du Sud-Kivu propose les conditions d’un dialogue inclusif et crédible ainsi que le profil des représentants de la société civile »

Des sources profondes des crises en RDC passées en revue

Réunies en table ronde ce jeudi, sous l’Initiative de l’Initiative Congolaise pour la Justice et la Paix, les membres des organisations de la société civile du Sud-Kivu appartenant au Groupe thématique Election et bonne gouvernance, ont adressé un message clair aux acteurs nationaux et internationaux en ce terme

« Tout dialogue futur sur la paix en RDC doit s’attaquer de front aux racines du conflit et être mené par des délégués irréprochables ».

Face à la persistance des crises, les acteurs ont mené une analyse rigoureuse identifiant les sources profondes des conflits qui déchirent la RDC. Il a été dégagé que parmi celles-ci figurent :Les manipulations identitaires et les tensions intercommunautaires, les cycles électoraux opaques qui sapent la confiance démocratique, la mauvaise gouvernance systémique y compris des services de sécurité, la justice et la corruption endémique, l’exploitation illicite, la gestion inéquitable et le partage conflictuel des ressources naturelles, la pauvreté extrême et le chômage massif des jeunes, terreau de l’instabilité et les influences et ingérences étrangères déstabilisatrices.

Qui pour représenter la société civile du Sud-Kivu

La présence de la société civile des zones occupées et sous tensions est une exigence et obligation qu’incombe aux organisateurs. La question qui doit représenter la société civile. Les participants à ces échanges ont dressé un profit robot de ce lui qui devrait être le représentant de la société civile au prochain dialogue en RDC. Consciente que la qualité des négociateurs détermine l’issue des pourparlers, la société civile a défini un profil idéal pour ses représentants. Ainsi, il a été proposé que tout délégué devra répondre au profil suivant :

« être connu et reconnu comme un membre actif de la société civile (n’avoir pas appartenu aux partis politiques depuis 5 ans et n’avoir pas été candidat aux élections de décembre 2023), être indépendant et partisan de la société civile, faire preuve d’une intégrité et doté d’un sens élevé du leadership et de l’éthique, être capable de communiquer efficacement et de porter un plaidoyer structuré au nom des populations »,

peut-on lire dans le communique de presse rendu public après les échanges.

Pour la société civile du Sud-Kivu, son représentant doit jouir d’une légitimité issue de la base communautaire. Le délégué devra justifier d’un ancrage réel au sein des communautés locales du Sud-Kivu. Il ne devra pas être un représentant circonstanciel, mais une personne régulièrement engagée aux côtés des populations, capable de restituer fidèlement leurs aspirations et préoccupations.

Ce délégué doit avoir une capacité avérée de fédération et de cohérence. Dans un environnement fragmenté, le délégué doit pouvoir démontrer sa capacité à rassembler différentes sensibilités de la société civile, à créer des consensus et à éviter les divisions internes qui fragilisent la crédibilité collective.

En plus de sa capacité de fédérer, il a doit faire preuve d’expertise avérée en analyse contextuelle et gestion des conflits. Au regard de la complexité du contexte sécuritaire et politique en RDC, le délégué doit maîtriser les dynamiques locales, nationales et régionales du conflit, et posséder une expérience prouvée en médiation, négociation ou analyse des risques.

Les participants ont aussi réfléchi à l’aspect financier et politique de celui qui serait son délégué. Afin d’éviter toute instrumentalisation, le délégué ne devra pas être affilié à un parti politique, à un groupe armé ou à des intérêts économiques susceptibles d’influencer sa position durant le dialogue.

En fin, le délégué de la société civile devrait faire preuve d’un engagement ferme envers la redevabilité et la transparence

« Le délégué de la société civile devra, s’engager à consulter régulièrement la base avant, pendant et après le dialogue, et à rendre compte publiquement des positions défendues et des résultats obtenus »,

précise Raphael Wakenge, coordonnateur de l’ICJP.

« Au-delà des critères techniques et moraux, le véritable défi reste la restauration de la cohérence et de la crédibilité de la société civile du Sud-Kiv », prévient Wakenge.

Et d’ajouter :

« Le choix des délégués ne doit pas répondre à des logiques d’opportunité ou de visibilité individuelles, mais à une vision stratégique collective au service de la paix, de la justice et de la stabilité durable en RDC »

La Justice et les droits, deux préalables à prendre en compte

Les membres des organisations Groupe thématique élection et bonne gouvernance ont également esquissé un agenda prioritaire pour le dialogue, insistant sur des thématiques non négociables telles que : La protection et la promotion des Droits de l’Homme (la gestion définitive de la question des réfugiés, le retour des déplacés internes), la mise en place d’une véritable justice transitionnelle pour traiter les crimes du passé, la sécurisation des droits fonciers pour les communautés locales principalement. la gouvernance transparente et inclusive des ressources naturelles et la garantie des libertés publiques et le renforcement de l’État de droit.

« Un appel à la responsabilité pour un dialogue sans blocages »

Tout en soutenant les démarches de paix déjà amorcées (Processus de Nairobi, de Lwanda, de Doha et de Washington), les participants ont lancé un appel solennel à toutes les parties prenantes consistant à s’opposer à toute démarche tendant à paralyser le processus par des préalables qui empêcheraient la tenue de ce dialogue vital pour la nation. Ils ont exhorté les facilitateurs à garantir une inclusivité réelle, en tenant compte des aspirations de toutes les composantes de la société congolaise, particulièrement celles de la base.

Des recommandations pertinentes ont été formulées à l’intention du gouvernement, des partenaires internationaux et des groupes armés, afin de créer un environnement propice à des discussions sincères et constructives. La société civile du Sud-Kivu se tient prête à jouer son rôle de vigie et de force de proposition pour une paix juste et durable.

Plus de 20 organisations de la société civile était représenté, dont l’Organisation

Deboutrdc Asbl

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