En seulement douze jours, soit du 10 au 21 septembre 2026, le feu a endeuillé presque toutes les communes de Bukavu et ses environs dans la province du Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo laissant au passage au moins (32) trente-deux morts et plus de (800) huit cents maisons réduites en cendre suite à cette série noire d’incendies sans précédent.
C’est le constat accablant que dresse le Mouvement Citoyen de Lutte contre les Antivaleurs pour un Congo Émergent (MCLA/RDC) dans son rapport de monitoring consulté par déboutrd.info ce samedi 26 septembre.
Jeudi 10 septembre, le drame dit de Cimpunda
Dans la matinée, un incendie se déclare à la limite entre la commune Kadutu au quartier Cimpunda, sur l’avenue Maendeleo et Buholo-Kasha dans la commune de Bagira.
Le bilan est catastrophique : 27 morts, la plupart des écoliers surpris en plein cours, 20 blessés et près de 200 maisons parties en fumée. Deux écoles sont entièrement calcinées : le Complexe Scolaire Ujamaa/Furaha coté primaire et Urafiki de la section secondaire, connue sous le nom de Kwa Mogo, ont indiqué de sources locales cité par notre source.
Le même jour, un autre foyer sur l’avenue Elila / Kihembwe touche plusieurs maisons dans la commune de Kadutu toujours.
Les victimes ont été inhumées le 12 septembre au cimetière de la Ruzizi, après une messe de requiem à l’Athénée d’Ibanda.
Après une courte accalmie, le feu reprend
Le 18 septembre, c’est le village de Kabungo à Kabare au sud de Bukavu, non loin de Panzi, qui est touché. Dégâts matériels importants, plusieurs habitations détruites.
La nuit meurtrière de Nyalukemba
Le pire survient dans la nuit du samedi 20 au dimanche 21 septembre. Vers 23h30, un incendie d’une violence extrême ravage les avenues Paysage 2 et Irambo 1 et 2, dans le quartier Nyalukemba, commune d’Ibanda.
Bilan provisoire : 5 morts dont 3 enfants, plus de 500 maisons endommagées selon le monitoring du MCLA, deux églises et le Complexe Scolaire Élite de Demain réduits en cendres. La commune d’Ibanda confirme 3 morts et 294 maisons détruites. Des centaines de familles dorment à la belle étoile.
Et la journée du 21 septembre n’est pas finie. Le MCLA recense au moins quatre autres départs de feu le même jour sur les avenues Albert Kayabu, Mifupa et haut de l’avenue Mulunge, vers le cimetière de Ruzizi (plus de 10 maisons), mais aussi sur les avenues Funu 1er et Buholo 1er dans la commune de Kadutu.
On ne peut plus rester calmes
Face à cette recrudescence, le MCLA/RDC dit ne plus pouvoir rester calme.
« Nous compatissons d’abord avec toutes les familles bukaviennes endeuillées. Mais nous exigeons que des enquêtes sérieuses soient menées pour déterminer l’origine de ces actes inciviques et sanctionner les responsables, » déclare Alphonse Mufariji, Coordonnateur et animateur principal du MCLA.
« Le mouvement interpelle directement les organisations humanitaires œuvrant dans la protection des civils, la mairie de Bukavu et les services de protection civile. Il demande un plan urgent de prévention : dégagement des voies d’accès pour les camions anti-incendie, installation de bornes fontaines et sensibilisation sur les installations électriques anarchiques, cause principale de ces drames dans les quartiers surpeuplés », a-t-il indiqué.
Le MCLA promet de poursuivre son monitoring et de revenir avec un bilan plus détaillé des cas récents.
Debout RDC La plume pour un Congo debout