La crise nutritionnelle s’aggrave au Nord-Kivu selon Médecins Sans Frontières (MSF) qui affirme avoir déjà pris en charge plus de 33.000 enfants malnutris entre janvier et août 2026 dans la seule province, après 53.000 cas en 2025 sur l’ensemble de la RDC.
Dans un rapport publié lundi et consulté mardi par deboutrdc.info, MSF lie cette flambée à la poursuite des combats entre FARDC et AFC/M23 et à la réduction drastique de l’aide internationale.
Les familles perdent l’accès aux terres agricoles, à leurs revenus et aux soins en fuyant, explique le Dr Fabien Kabongo, coordinateur médical adjoint de MSF au Nord-Kivu.
A Walikale, l’une des zones les plus touchées, le taux de malnutrition aiguë globale atteint 46% selon PAM et UNICEF en novembre 2025.
MSF soutient les hôpitaux de Mweso, Walikale, Kibirizi, Masisi et Bambo, ainsi que 5 structures ambulatoires. A Katoyi, une évaluation de mars 2026 a révélé qu’un enfant sur quatre souffrait de malnutrition aiguë.
L’organisation alerte : selon l’UNICEF, seuls 4,3% des besoins de financement pour la sécurité alimentaire ont été couverts en 2025. Dans plusieurs centres non soutenus, les rayons de pharmacie sont vides et les aliments thérapeutiques manquent.
MSF ne peut se substituer à elle seule à toute la réponse humanitaire, insiste le Dr Kabongo qui appelle à un financement pérenne.
Selon l’IPC, plus de 26 millions de personnes en RDC ont été en crise alimentaire en 2025, dont près de 4 millions au Nord-Kivu. Près de 5 des 6,1 millions de déplacés internes du pays se trouvent dans le Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri.
Debout RDC La plume pour un Congo debout