Les négociants d’or et exploitants artisanaux de Kamituga et du territoire de Mwenga au Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo dénoncent la confiscation systématique de leurs colis d’or dans des barrières érigées sous prétexte de lutte contre la fraude minière.
Dans un mémorandum adressé au Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur dont copie nous est parvenue, ils accusent le Gouverneur du Sud-Kivu et l’administrateur du Territoire de Mwenga d’utiliser des hommes armés pour les piller. Ils ont cessés toutes activités dans la ville de Kamituga depuis le lundi 02 novembre en signe de contestations, a –t-on apprit des sources locales.
Ils disent en avoir assez étant donné que leurs colis d’or sont saisis dans des barrières, à l’intérieur même du territoire, sous prétexte de fraude ou de détention illégale de substances minérales.
Des saisies à Nyangulube et à l’entrée de Kamituga
Selon le document, un négociant qui quitte Lugushwa pour Kamituga se voit saisir ses biens à Nyangulube ou à la porte même de la ville.
Même chose pour celui qui quitte Kamituga vers Mwenga, ou qui rentre de son lieu d’exploitation vers sa maison.
« Tous ces actes sont couverts par la correspondance du Gouverneur et de l’Administrateur de Mwenga », affirment les signataires, qui citent notamment une lettre de l’Administrateur datée du 30 avril 2025.
Le mémorandum rappelle que Kamituga et Mwenga n’ont qu’une seule voie praticable : le tronçon Kamituga-Bukavu.
Depuis l’occupation de Bukavu par le FRN ex AFC/M23, le territoire est complètement isolé.
Kindu est à plus de 300 Km par une route inexistante. Pour atteindre Uvira et Baraka, il faut 4 jours de marche à pied en forêt.
Dans ce contexte, les négociants disent ne pas avoir d’autre choix que de passer par cette voie pour rejoindre Uvira, siège provisoire des institutions provinciales.
Les négociants contestent
L’article 303 du code minier, parle de détention illégale. Or, disent-ils, ils paient des cartes de négociant et d’exploitant artisanal vendues par le gouvernement provincial, ce qui les autorise à détenir et vendre l’or.
L’article 305 parle d’exportation frauduleuse. Or, selon eux, aucun négociant de Kamituga ne traverse une frontière nationale. Traverser une zone occupée pour rejoindre une zone sous contrôle du gouvernement ne peut pas être considéré comme une exportation.
Dans ce mémorandum, les grévistes dénoncent aussi l’utilisation de Wazalendo et d’autres personnes armées à la place des services prévus par le Code minier leur exigeant des amendes allant de 2.500 à 20.000 USD.
Ces hommes armés percevraient, selon le document, des amendes allant de 2.500 à 20.000 dollars américains, payées entre leurs mains.
Plus de 20 victimes seraient déjà recensées.
« Les négociants exigent notamment la restitution des colis d’or saisis, la sécurité comme contrepartie des taxes payées, l’ouverture urgente d’un mini-comptoir d’achat d’or et de la CADECO à Kamituga, la suppression de toutes les barrières de tracasseries, l’interpellation des autorités citées et de leurs hommes armés et l’interdiction formelle d’utiliser des hommes en armes pour appliquer des mesures administratives », indique le document.
C’est depuis le lundi 02 novembre que les négociants observent un arrêt de travail à Kamituga dans le but de faire pression pour obtenir des réponses à leur desiderata.
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