Kabare : l’insécurité à la lisière du PNKB compromet la saison agricole A

En cette période marquée par les premières pluies de septembre et qui devait coïncider avec le lancement de la campagne agricole saison A, les communautés locales et les agriculteurs n’ont toujours pas accès à leurs terres cultivables situées à la lisière du Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB), plus particulièrement dans les groupements de Bugorhe et Irhambi-Katana au nord de Bukavu dans le territoire de Kabare considéré comme l’un des greniers de la province du Sud-Kivu.

La cause : une insécurité grandissante caractérisée par l’incursion de bandits armés d’une part, et des affrontements récurrents  entre les troupes de l’AFC/M23 et les Wazalendo d’autres parts.

Selon des informations recceuillies à Katana, 7 personnes auraient perdue la vie lors des affrontements entre les Wazalendo et les troupes du M23 le samedi 26 septembre 2026. Parmi les victimes on note une femme, mère de 10 enfants et d’une autre enceinte.

Des villages entiers paralysés

Les zones les plus vulnérables, où les hommes tournent les pouces craignant pour leur sécurité, sont Kabulungu, Mulangala, Ciduha, Budende, Mbayo, Mulambula et Kabushwa, respectivement dans les groupements de Bugorhe et d’Irhambi-Katana, à en croire plusieurs sources concordantes joints par votre rédaction.                                                                    

 Selon plusieurs experts, le risque est de voir la famine et la pauvreté s’accentuer dans la zone, avec une carence en denrées alimentaires comme les légumes dans la ville de Bukavu.

« Les gens n’ont toujours pas accès à leurs champs aux alentours du PNKB. Seules les femmes y vont avec tous les risques possibles d’être agressées. Des hommes armés en provenance du parc et d’autres coins isolés surgissent à tout moment pour exiger 5.000 à 10.000 FC pour leur permettre de travailler dans les champs. Et à chaque instant, ces mêmes éléments surgissent pour piller les produits des champs et repartir« , a révélé Maki (nom d’emprunt), un habitant de Mbayu à quelques 10 km du centre comemrciale de Kavumu.

« Les hommes qui ont l’habitude d’accompagner leurs femmes aux champs préfèrent rester à la maison, craignant pour leur sécurité », a-t-il ajouté.

Le grenier de Kavumu menacé de carence

« Pourtant, c’est une zone très productive qui ne connaît pas de saisons. En principe, en ce mois de septembre, il y aurait déjà récolte de légumes, pommes de terre… mais ce n’est plus possible à cause de l’insécurité », déplore M. Kalala Shabani, habitant de Mulangala.

« Nous craignons qu’il y ait carence des produits vivriers en provenance de cette zone. C’est par exemple Kabulungu qui fournit le centre de Kavumu en produits des champs comme les haricots, pommes de terre, patates douces, manioc. Même la majorité des légumes (bishusha, sombe, bishogolo) consommés à Bukavu proviennent de cet endroit« , poursuit-il.

La paix comme préalable à la saison culturale

« Le rétablissement de la paix en cette période de début de saison culturale, c’est la seule demande adressée aux autorités. Ailleurs, les gens labourent, d’autres sèment, mais ce n’est pas possible dans certains villages à la lisière du Parc National de Kahuzi-Biega. C’est Kabushwa qui est le grenier de Katana mais en proie à l’insécurité ces derniers temps« , a pour sa part indiqué Emery Murhula, acteur de la société civile dans la zone.

Vous pouvez suivre l’intégralité du message de Emery Murhula en cliquant sur le son ci-dessous:

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