Sud-Kivu : Deux agents humanitaires tués à Walungu
Deux agents humanitaires de la Croix-Rouge RDC ont été tués dans le village de Kakumba au centre de Muziru dans le territoire de Walungu, à quelque 56 km de la ville de Bukavu dans l’Est de la RD Congo. C’est pendant qu’ils étaient en plein travail d’adduction d’eau en faveur des populations vulnérables. La Croix-Rouge RDC regrette ces actes et demande protection en faveur des humanitaires.
Dans un communiqué rendu public le 23 juin 2026, la Croix-Rouge fait savoir que ses deux agents portaient l’emblème de la Croix-Rouge, symbole universel de neutralité, d’impartialité et d’assistance humanitaire. Malgré ces symboles, ils ont été assassinés.
« La Croix-Rouge de la RDC exprime sa profonde consternation et condamne avec la plus grande fermeté le meurtre de deux de ses volontaires, survenu le 16 juin 2026 dans le village de Kakumba (centre Musiru), territoire de Walungu, Sud-Kivu », lit-on.
Les volontaires, Byamungu Mugisho Kabuha et Mugisho Mparanyi Romain, étaient engagés dans une mission humanitaire qui visait à améliorer l’accès à l’eau potable pour des populations vulnérables lorsqu’ils ont été tués par des hommes armés non identifiés.
« Leur sacrifice rappelle, de manière tragique, les dangers extrêmes auxquels sont confrontés quotidiennement les travailleurs humanitaires dans l’Est de la RDC. Nos pensées émues pour leurs familles et pour l’ensemble du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge », regrette Grégoire Mateso Mbuta Way, Président National de la Croix-Rouge de la RDC.
Dans ce même communiqué, la Croix-Rouge de la RDC rend un ému et reconnaissant hommage à ses deux volontaires tombés au champ d’honneur de l’humanité. « Leur dévouement sans faille et leur courage au service des populations demeurent à jamais dans la mémoire de l’organisation et constitueront une source d’inspiration pour les générations présentes et futures », conclut Grégoire.
Malgré l’assassinat de ses collaborateurs, la Croix-Rouge RDC reste fidèle à ses principes fondamentaux, et promet de poursuivre, malgré les défis, à œuvrer sans relâche pour soulager les souffrances humaines et protéger la dignité des plus vulnérables.
Selon un rapport du Bureau de la Coordination des affaires humanitaires, OCHA, le nombre d’incidents affectant les acteurs humanitaires dans l’est de la RDC est passé de 33 en mars 2026 à 29 en avril, soit une diminution de 12,1 %. Parmi ces 29 incidents, 12 (41 %) ont eu lieu au Nord-Kivu, 8 (28 %) au Sud-Kivu, 6 (21 %) en Ituri et 3 (10 %) dans le Tanganyika, tandis qu’aucun incident n’a été signalé au Maniema.
Cette « baisse » indique une amélioration relative de l’environnement opérationnel par rapport aux mois de février et mars, bien que la plus grande part des incidents signalés reste concentrée dans le Nord-Kivu. En avril 2026, aucun travailleur humanitaire n’a été tué ou enlevé, toutefois, un humanitaire a été blessé.
Comparé au cumul des incidents enregistrés depuis janvier 2026, le mois d’avril 2026 a été marqué par une proportion plus élevée d’incidents en Ituri (19 % contre 12 %), tandis que le Sud-Kivu a connu une diminution (26 % contre 32 %) de même que le Tanganyika (10 % contre 18 %). En revanche, dans le Nord-Kivu la tendance est restée conforme à la tendance cumulative (39 %). Cela indique une détérioration relative de la situation sécuritaire affectant les travailleurs humanitaires en Ituri par rapport aux autres provinces.
L’information a été confirmée par Bruno Lemarquis, représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’ONU, coordinateur résident et coordonnateur des opérations humanitaires des Nations unies en RDC.
Concernant la typologie des incidents en avril, les cambriolages, vols et intrusions sont restés la catégorie la plus importante, représentant 35 % des incidents enregistrés depuis janvier 2026. Ils sont suivis par les interférences et restrictions (32 %), l’intimidation, les menaces ou agressions physiques (28 %), et les autres incidents (4 %). Cette répartition illustre un environnement à risque marqué par la criminalité, les interférences opérationnelles et la pression directe sur le personnel et les biens humanitaires.
Depuis l’escalade des conflits armés dans l’Est de la RDC début 2025, les humanitaires et les civils sans défense sont régulièrement pris pour cibles et tués par des hommes armés. Les éléments du groupe armé AFC/M23, qui occupent les villes de Goma et de Bukavu ainsi que plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, sont régulièrement mis en cause.
Le 21 mai dernier, au moins dix agriculteurs ont été massacrés à Kamakombe, près du centre de Kavumu, dans le territoire de Kabare, au Sud-Kivu. La société civile locale avait attribué cette attaque aux combattants du M23, évoquant un acte de représailles après une “lourde perte” que le groupe aurait subie face aux Wazalendo à Bitale/Bunyakiri.
Les “Wazalendo”, des jeunes armés se présentant comme des patriotes qui combattent l’AFC/M23, sont également cités dans plusieurs exactions. Cette insécurité généralisée rend l’assistance humanitaire de plus en plus complexe dans ces zones où les populations font face au pire.
La Rédaction

