Mwenga : l’or s’envole, la population s’embourbe davantage

Pendant que l’or de Mwenga,  à l’ouest de Bukavu dans l’Est de la République démocratique du Congo est exploité à ciel ouvert à Lwindi, Basile et Wamuzimu, la population vit dans une misère indescriptible, coupée du monde par la Route Nationale numéro 2.

Sur le tronçon Kasika-Mwenga-Kamituga-Kitutu-Lwino, c’est le chaos : bourbiers, eaux stagnantes, érosions et éboulements.

« Un véhicule peut mettre  2 à 3 mois pour faire Kasika-Kitutu à une distance de 125 km », ont indiqués quelques chauffeurs de poids lourds joint à ce sujet.

Seule  la société Oriental ressources Congo, « ORC SARL »,  avait tenté quelques travaux sans ouvrage d’art en 2022.

L’entreprise Sud-Kivu Développement (SKD), portée par un notable de Mwenga, voulait réhabiliter l’axe Kasika-Lwino-Lugushwa en mode gagnant-gagnant.        Projet accepté par le vice-gouverneur depuis Uvira, mais bloqué par les politiques de Mwenga, affirment certains acteurs de la société civile joint sur place.

Malgré les interdictions, l’exploitation de l’or sur environ cinquante sites continue de manière opaque, sans contrepartie pour la population.

Le principe gagnant-gagnant prôné par le Chef de l’Etat n’est pas respecté.

Une salle de classe dans le territoire de Mwenga

Une salle de classe dans le territoire de Mwenga

 Des élus silencieux

Un seul député national tente de parler, sans issue. Les provinciaux ont adhéré à cette messe noire pour s’enrichir. Leur rôle de plaidoyer est abandonné, a-t-on appris.

« À Kitutu, zone au cœur du scandale minier, on mange une fois par jour. L’accès aux soins est un casse-tête, le prix de la moto exorbitant. Les enfants souffrent de kwashiorkor. Pendant ce temps, les armes protègent les Chinois et les barrières illégales qui pullulent jusque dans les forêts font payer les Congolais », s’indigne un acteur de la société civile sous couvert d’anonymat.

Le 24 décembre 2024, le député national Trésor Lutala Mutiki avait alerté sur l’exploitation intensive des minerais à Mwenga, promettant de continuer à défendre les intérêts de la population.

« Nous portons à la connaissance de notre population que malgré les menaces et intimidations que nous subissons chaque jour, nous continuerons à utiliser toutes les voies de pression parlementaires afin de parvenir à mettre un terme à ce carnage du sous-sol de la province du Sud-Kivu et de mon Mwenga natal au détriment de sa population », peut-on lire dans son communiqué du 24 decembre 2024.

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