Equipe de MSF - Photo crédit Julien Dewarichet/MSF
Equipe de MSF Photo crédit Julien Dewarichet/MSF

Nord-Kivu : MSF alerte sur l’accès aux soins après des violences sexuelles

Médecins Sans Frontières (MSF) dénonce des restrictions imposées depuis des mois par le Front pour la refondation de la nation (FRN, ex-AFC/M23) à la prise en charge des survivantes et survivants de violences sexuelles. L’ONG constate une chute des consultations.

Dans un communiqué daté du 2 novembre 2026, MSF affirme que les autorités de facto du Nord-Kivu « imposent depuis des mois des restrictions néfastes » qui empêchent ces personnes d’accéder à des soins essentiels. L’organisation « prend acte des engagements » pris en octobre par la direction du FRN. Elle précise toutefois que ces mesures correctives « n’ont pas été mises en œuvre » et que les restrictions restent en vigueur.

Ce que prévoient les mesures, selon MSF

D’après l’ONG, les mesures limitent la reconnaissance des violences sexuelles aux personnes présentant des blessures visibles. Elles exigent des examens physiques jugés « intrusifs et médicalement inutiles », obligent à passer par la police avant les soins et réservent l’accès aux personnes arrivant dans les 72 heures suivant l’agression. Des formulaires imposés aux structures de santé demandent les noms et adresses des survivantes et survivants, ainsi que des détails sur les auteurs présumés. MSF y voit une atteinte au secret médical.

Des professionnels de santé rapportent à MSF des menaces de suspension, voire d’emprisonnement. Des patientes disent avoir été interrogées ou menacées pour les dissuader de se faire soigner.

Des chiffres en baisse

Dans certains établissements soutenus par MSF, le nombre de personnes ayant demandé ces soins a reculé de 41 % en août 2026 par rapport à janvier. D’autres structures sont passées d’environ 80 victimes et survivants pris en charge par mois en 2025 à neuf par mois en 2026. MSF indique aussi que des dizaines d’enregistrements de consultations ont été effacés dans plusieurs centres de santé.

« Rendre la crise moins visible ne fait pas disparaître la violence sous-jacente », déclare Akke Boere, directrice des opérations chez MSF. Elle ajoute : « Une baisse du nombre de cas signalés ne signifie pas que les violences sexuelles sont en recul. Cela signifie simplement que les victimes se heurtent à des obstacles pour accéder à des soins sûrs et confidentiels. »

Pour MSF, l’accès aux soins ne doit jamais dépendre d’un signalement aux autorités. « Des directives officielles doivent être adressées aux autorités sanitaires afin de veiller à ce que les professionnels de santé ne subissent plus de pressions », poursuit Mme Boere.

MSF dit prendre en charge des victimes dans 16 projets au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri. L’ONG a soigné plus de 19 400 personnes au Nord-Kivu au premier semestre 2026. Elle en avait pris en charge près de 45 000 dans tout le pays en 2024, puis 53 000 en 2025.

Spread the love

Check Also

Bukavu : une barge de 80 tonnes emportée par une tempête sur le lac Kivu

Une barge de matériaux de construction, transportant du sable en provenance d’idjwi a été victime …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *