Sud-Kivu : Katana, quand le « salongo » devient un chemin de croix pour les habitants sous l’AFC/M23

Depuis plusieurs semaines, les habitants d’Irhambi Katana (45km au nord de Bukavu) dans le territoire de Kabare au Sud-Kivu, vivent dans l’insécurité sociale et physique. Sans jetons de participation aux activités communautaires dits « salongo », des habitants sont enchainés, maltraités et arrêtés. Pour être libéré, il faut payer un montant variant entre 100 mille et 300 mille francs congolais. Une situation que dénonce la Synergie des Amis de Katana, dans un communiqué rendu publique ce mardi 12 mai 2026.

Que de la terreur partout

Selon ce communiqué, depuis plusieurs semaines, les habitants sont soumis à une terreur plutôt indescriptible.

« Cette terreur se caractérise par des détentions arbitraires fondées sur des motifs montés de toute pièce par les autorités et agents des services de sécurité. Le cas le plus alarment est lié à la fameuse question des jetons, ces documents délivrés à ceux qui prétendument prennent part aux travaux communautaires dits salongo de chaque samedi. Chaque jour et n’importe quelle heure, des agents de sécurité s’improvisent pour demander des jetons aux passants et même dans les ménages », peut-on lire.

Et d’ajouter :

« Bien des personnes y compris les étudiants, les enseignants, infirmiers et simples citoyens ont été arrêtées au motif qu’elles ne disposaient pas desdits documents. Nombreuses ont été libérées après paiement d’une somme d’argent dont le montant varie entre 100 mille francs et 200.000fc et cela après avoir été gravement torturées. Certaines d’entre elles demeurent en détention jusqu’à ce jour ».

Salongo ou moment d’humiliation ?

Selon la société civile locale, le salongo est devenu un moment d’humiliation des habitants au lieu d’être un moment de travail communautaire, de socialisation et de vivre ensemble.

«  Nous refusons une forme de colonisation qui ne dit pas son nom et une attitude qui réduit la population à l’esclavage », alerte une victime.

La Synergie des Amis de Katana,  demande à la hiérarchie militaire, de rappeler les militaires présents à Irhambi Katana, que le respect des droits humains est garanti même dans une situation de guerre et que les habitants ne sont pas des vaches à lait qu’il faut traire à volonté.

Cette structure citoyenne demande à l’administrateur du territoire de Kabare de supprimer les jetons au Salongo pour une paix et un vivre ensemble, comme cela a été le cas dans le territoire voisin de Kalehe où les lamentations des habitants ont conduit l’administrateur de supprimer cette pratique.

Depuis la prise de Bukavu et de plusieurs localités du Sud-Kivu par l’AFC/M23 en février 2025, la pratique des travaux communautaires, communément appelés “salongo”, s’est transformée en une activité imposée et monnayée. À Bukavu comme dans les territoires, les habitants sont battus, torturés, arrêtés et contraints de payer pour recouvrer leur liberté, quel que soit le motif de leur absence ou la perte du “jeton de participation”. Rarement dénoncée, cette pratique prive le salongo de sa vocation initiale de sociabilité, d’unité et de cohésion sociale.

Lire tout le communiqué: en cliquant sur ce lien:

La rédaction

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