Au moment où la CENCO, Conférence Episcopale du Congo s’inquiète de la montée du nombre des cas de contaminations et de décès liés à la maladie à virus Ebola au sein de notre population en RDC ; c’est un nouveau cas qui vient d’être signalé au Nord-Kivu sous l’administration de l’AFC/M23.
« Nous tenons à informer le public de la détection, le 2 septembre 2026, d’un nouveau cas de maladie à virus Ebola (MVE) au Nord-Kivu », indique le Dr Freddy Kanini, responsable de la Cellule de Crise Sanitaire au sein de l’AFC/M23 sur son compte x consulté par deboutrdc.
« Identifié comme cas suspect par nos équipes de surveillance à un point de contrôle situé dans l’Aire de Santé d’Itsu, dans la Zone de Santé de Kayna. Ce nouveau cas, âgé de 21 ans, de sexe masculin et en provenance de Butembo, a été transféré au site de quarantaine MVE de Kirumba pour confirmation diagnostique.
Les prélèvements effectués ont été analysés et les résultats se sont révélés positifs au virus Ebola », ajoute Kaniki.
Dès la confirmation du cas, le 3 septembre 2026, les autorités sanitaires ont immédiatement pris les mesures nécessaires, tant pour assurer une prise en charge adéquate du patient que pour interrompre la chaîne de transmission, explique notre source.
Entre-temps, dans un communiqué rendu public, les Evêques membres de la CENCO se disent préoccupés par la montée vertigineuse du nombre des cas de contaminations et de décès liés à cette épidémie au sein de la population.
En effet, selon les sources officielles, en Ituri, en date du 19 mai 2026, on a enregistré 53 cas confirmés. Trois mois après, soit le 25 août 2026, l’Institut National de la Santé Publique, INSP en sigle, a publié des données épidémiologiques cumulées et saillantes attestant 5 713 cas confirmés, 2 744 décès soit un taux de létalité de 48%, 770 malades en isolement et 1 269 patients guéris.
Ces chiffres officiels pourraient être revus à la hausse en considérant le nombre non négligeable des cas non déclarés dans les structures de santé pouvant permettre la traçabilité des personnes touchées par l’épidémie, à en croire la CENCO.
Par la même occasion, elle salue le courage remarquable des professionnels de la santé et des bénévoles et les encourage à continuer à honorer leur métier ainsi que leur engagement, en dépit des conditions de travail difficiles.
Les Evêques membres de la CENCO exhortent davantage tous ceux qui peuvent faire plus de ne pas hésiter car, beaucoup d’établissements des soins de santé ne sont pas suffisamment équipés en matériel de prévention et de protection, afin de faire face à la maladie ; certains sont servis en quantité insuffisante avec des ruptures de stocks à répétition.
Il y en a qui affirment n’avoir jamais reçu le moindre matériel de sorte que plusieurs professionnels de santé y ont perdu la vie. En tout état de cause, la situation sur terrain demeure très préoccupante.
Dans le même registre, il convient de signaler la démotivation des professionnels de santé à cause d’une insuffisante prise en charge financière (rémunération) et logistique (communication et mobilité). Il est urgent d’y remédier.
Par ailleurs la CENCO se dit aussi préoccupés par l’ampleur de la désinformation, la mésinformation et la sous-information qui entourent cette maladie. D’aucuns l’attribuent à un mauvais sort ou à la sorcellerie. A cela s’ajoute aussi l’attachement aveugle à certaines traditions culturelles relatives au traitement et aux rites funèbres.
Voilà qui justifie, en partie, la résistance aux mesures barrières, allant parfois jusqu’à l’agression de certains agents de la riposte, voire l’incendie de centres de traitement. Bien évidemment, ces comportements à décourager et la situation déplorable de guerre que connaît notre pays, contribuent pour beaucoup à l’augmentation des cas de contamination.
Face à l’extension spectaculaire de cette maladie à virus Ebola, la CENCO exhorte la population congolaise à prendre très au sérieux cette réalité et à suivre scrupuleusement les indications des Autorités sanitaires compétentes et surtout à appliquer impérativement les mesures de prévention suivantes, telles que édictées par le Ministère de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance sociale :
Hygiène des mains : se laver fréquemment les mains à l’eau et au savon ou utiliser du désinfectant à base d’alcool après chaque contact, conclut Fulgence MUTEBA Archevêque de Lubumbashi et Président de la CENCO qui signe ce communiqué.
Debout RDC La plume pour un Congo debout